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Bonne humeur
Claudie au balcon, Noëlle au tison
Par France Dembas (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
1er/04/2004 • 00h00
« Longtemps je me suis levée de bonne humeur ». Aujourd’hui, je vous la livre.

Quel remue-manège depuis dimanche soir dans les états-majors politiques ! Première nouvelle : Barnier revient en France, au quai d’Orsay, remettre les papattes dans le cambouis national, avec un grand ministère de l’extérieur. Avec notre Michel, pas encore vraiment national, mais européen de la première heure, fini d’en faire à sa tête avec l’Europe ou de la traiter de haut : Bruxelles et Paris vont un peu se rabibocher. Michel au Quai, c’est l’Europe à chaque coin de rue (et hop, je t’en remets une couche).

Barnier, il avait pourtant de grandes ambitions à Bruxelles, mais « une proposition pareille, ça ne se refuse pas. » Et toc. Bon sang savoyard ne saurait manquer de courage. (Oui, bon, c’est mon chouchou !). C’est pas comme le gominé de Toulouse, Douste, qui aurait refusé cette semaine, selon Libération, le maroquin des affaires européennes. Pas assez « chicos » peut-être ? Et puis l’Europe, c’est un peu abstrait, un peu « space », comme on dit en langage jeune, personne n’y comprend rien, c’est ça hein ? Et quand on est ministre, on a autre chose à faire que s’enfiler une goulash hongroise, palabrer sur l’ambre estonien et le mouflon chypriote ou s’arracher les poils du nez pour gamberger sur les moyens de rendre l’Europe un peu sexy et pas chiante ?

Qui veut des « affaires européennes » ?

Bon alors, « qui n’en veut » de l’Europe ? Déjà que ça ne se précipitait pas pour devenir ministre pour trois mois, alors là, pour faire, en plus, le zouave en vingt-cinq langues dès le mois de mai ! Et avec le risque de se prendre un rappel d’uppercut en juin pour les élections, merci. Personne, pas un rat mort. Pas même un ministre de la société civile ?

Mais au fait, où est passée la gentille dame, toujours souriante et élégante qui faisait la promo pour « les vacances pour tous en Europe à partir du 1er mai » ? Elle était pourtant bien Noëlle. Moi je l’aimais bien. Elle me touchait même, avec ses propositions un peu naïves pour que l’OVNI européen effleure le cœur des gens : des drapeaux européens sur les maillots des joueurs de foot, des repas chypriotes par ci et du folklore letton par là, quelques idées et beaucoup d’argent pour convaincre les jeunes - les vieux on s’en fout - que l’Europe, c’est cool et vachement bien et pas « reloud » du tout... Mais qu’a-t-elle donc fait pour rejoindre dans leur triste sort les ministres naufragés de la société civile, les Ferry, les Mattéi, les Bachelot (une intruse), les Mer... ?

Propulsée !

« Des professionnels de la politique », seuls, doivent rester... On s’attendait à voir Michel s’occuper de l’étranger et aussi de l’Europe, tout en même temps quoi. Parce que l’Europe, c’est Bruxelles, et que Bruxelles, c’est pas vraiment l’étranger... mais ça nous est souvent étranger ! Et tout à trac, voila Claudie. Et pourquoi elle reste Claudie, alors qu’elle a mis dans la rue ses petits copains en mal d’espace, mais eux, pour s’exprimer ? Des copains qui risquent de partir avec leurs cerveaux au pays de W., histoire de lui en greffer un morceau. Claudie, donc atterrit sur l’Europe... Ma première réaction a été : et pourquoi pas Denise Fabre, ministre ? Notez que je suis sérieuse. Je n’ai rien contre les femmes-troncs et la Belgique a bien une ministre des affaires européennes qui est une ancienne speakerine.

Moi, Claudie, elle tient une super place au Panthéon réel de mon admiration. Mais seulement quand elle est habillée en spatio-cosmo-astro-argo-naute je ne sais plus quoi. Tout de même, la voir « propulsée » à l’Europe...

Rencontre du troisième type

Plus du tout inspirée à ces lignes, j’essaie de comprendre et relis ma chronique... L’Europe, un « OVNI » ? L’Europe, un peu « space » ? ... mais c’est bien sûr ! Claudie, c’est la femme providentielle. Celle qui va accueillir les extra-Européens en mai, ceux dont on ne sait même pas à quoi ils ressemblent. Celle qui va faire descendre l’Europe de son orbite pour la rendre plus facile d’accès à Roselyne Michu. Celle enfin qui pourrait planter le drapeau européen sur le sol martien et damer le pion des Américains et des Chinois. Youpi !

Reste que déboulonner Noëlle alors que nos dix nouveaux copains s’étaient habitués à elle... Enfin, la prochaine fois, pas question de dire « la société civile est nulle ». Les enjeux européens qui viennent sont trop importants. Trop facile dans trois mois après les élections européennes d’appuyer sur « Eject » et... exit de la fusée, Claudie.

Claudie, avec l’Europe, on nous a promis la lune, alors tiens-bon, refuse les combinaisons, endosse la tienne et pleins gaz sur les étoiles... de Bruxelles.

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