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Les Suisses, un peu plus près des étoiles
Par Charles Bobe (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
3/06/2004 • 00h00
Le sujet paraissait relativement facile : l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen, à travers les points de vue de trois intervenants différents. Il a vite fallu déchanter. D’abord parce que rares sont ceux qui connaissent la question, y compris à l’ambassade Suisse à Paris, et surtout à cause d’un calendrier confus : entrée en vigueur le 1er juin 2004 d’accords négociés en 1999 entre l’UE la Suisse et négociation de la suite de ces mêmes accords en mai 2004. L’occasion de remettre un peu d’ordre dans ce flux d’information digne d’un univers kafkaïen... Les quotas gardent la cote
Argent secret au service de sa banquière Au mois de mai se tenait une conférence entre l’UE et la Suisse pour aller plus loin dans ces relations. Ces accords sont appelés les accords bilatéraux bis ou II, au choix. « Un accord politique a finalement été trouvé le 19 mai à l’occasion d’un sommet entre la Suisse et l’UE, à Bruxelles », explique le communiqué de presse. Neufs sujets étaient discutés : coopération dans les domaines de la justice, de la police, de l’asile et de la migration, Fiscalité de l’épargne, lutte contre la fraude, produits agricoles transformés, environnement, statistique, média, éducation, formation professionnelle, jeunesse et pensions. Le plus important est le premier et répond au doux nom de « Schengen/Dublin ». Schengen est relatif à l’abolition des contrôles des personnes aux frontières au sein de l’UE, ainsi qu’à une politique commune des visas, une coordination des procédures et au renforcement de la coopération policière et pénale entre les pays membres. La Suisse intègre donc cet espace, sauf... en matière de secret bancaire. Par conséquent c’est tout le volet de la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment d’argent et autres dérives issues de cet avantage suisse qui passe à la trappe. Un pas en avant Quant à Dublin, l’accord énonce qu’un réfugié n’a le droit de déposer qu’une seule et unique demande d’asile dans l’UE. La Suisse devient donc « membre de Dublin » car « il ressort de certaines estimations qu’à l’heure actuelle environ 20% des demandes d’asile en Suisse sont déposées par des personnes ayant déjà fait l’objet d’une première procédure d’asile. ». Mais, tout n’est pas encore joué, puisque les « bilatérales II » ne sont pour l’instant que des résultats de négociations. Elles doivent encore être adoptées et ratifiées par la Suisse et l’UE... C’est en tout cas un pas de plus en avant de la part de la Suisse, déjà membre de l’AELE. Alors pourquoi pas un jour la Suisse membre de l’UE ? Après tout le pays de la neutralité a bien intégré l’organisation des Nations Unies.
L’accord de Dublin date de 1990, avec une entrée en vigueur en 1997. Le dispositif prévoit la solidarité entre les États signataires dans le contrôle des demandeurs d’asile. Un centre commun d’informations a été créé en 1992. L’accord de Schengen date quant à lui de 1985, Il abolit les frontières intérieures entre les États signataires et harmonise le contrôle aux frontières, grâce à un fichier informatique commun. L’accord est entré en application en 1995 et concerne tous les pays de l’Union européenne (sauf la Grande-Bretagne et l’Irlande), auxquels se sont jointes la Norvège, l’Islande et prochainement la Suisse.
Pour en savoir plus sur les « accords bilatéraux II ».
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