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Présidence [européenne]
Par Nathalie Van Batten (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
17/06/2004 • 12h40
Le 1er juillet, les Néerlandais remplaceront les Irlandais à la présidence européenne. Première particularité de la Présidence de l’Union européenne : il n’y a pas de Président à proprement parler, comme à la tête de la République française. C’est en fait à chaque Etat membre d’assurer la Présidence européenne à tour de rôle tous les six mois. L’Irlande en a la charge depuis janvier 2004 et va céder la place aux Pays-Bas à partir de juillet. Le calendrier a été ainsi établi en 1995 jusqu’en 2007 : Luxembourg, puis Royaume-Uni en 2005, Autriche puis Finlande en 2006 et Allemagne pour le premier semestre 2007. Sauf qu’avec l’arrivée de dix nouveaux pays, ce système ne permettrait une rotation à la Présidence que tous les 12 ans ! La Convention, dans son projet de Constitution européenne, a proposé d’instaurer un Président élu à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi. Les chefs d’Etat des 25 tenteront de se mettre d’accord sur le texte et sur cette disposition lors du Sommet européen de ces jeudi et vendredi à Bruxelles. En l’état actuel, présider l’Union ne signifie pas décider pour les autres Etats membres et ne confère pas de droits ni de voix supplémentaires au sein du Conseil de l’Union européenne. En début de semestre, le pays qui tient les rênes fixe son programme et ses priorités. Le chef d’Etat ou de gouvernement du pays en question préside les conseils européens, à peu près deux fois dans le semestre. L’occasion de donner l’impulsion et les grandes orientations politiques, mais aussi de trouver des compromis en cas de blocage. Idem pour les ministres, qui dirigent les réunions du Conseil par domaine (économique, agricole, justice et affaires intérieures), plusieurs fois par mois. Il faut donc des qualités de médiation, mais aussi de gestion : organiser ces multiples réunions, préparer les décisions à tous les niveaux de pouvoir. Pour cet aspect administratif, l’aide du Secrétariat général du Conseil est indispensable. Quant au Secrétaire général du Conseil, qui est aussi Haut représentant de l’UE (actuellement Javier Solana), il assiste le ‘Président’ en fonction (chef d’Etat ou de gouvernement) pour incarner cette Union en dehors de ses frontières, lui donner un visage et surtout une voix pour sa politique étrangère commune. Un exercice diplomatique des plus ardus !
Les Etats membres qui ne font pas partie de la zone euro (Royaume-Uni, Suède et Danemark) ne sont pas privés de présidence, mais ne peuvent évidemment pas diriger les réunions de l’Eurogroupe (les douze autres pays parmi les Quinze). Ainsi, quand la Suède a assuré la Présidence européenne au premier semestre 2001, la Belgique, prévue pour présider au second semestre, s’est chargée de l’Eurogroupe tout au long de l’année.
www.eu2004.ie est le site de la Présidence irlandaise], qui cède la place aux Pays-Bas le 1er juillet 2004 www.eu2004.nl est celui de la Présidence néerlandaise]. Il n’est pas encore opérationnel, mais promet de fournir plus d’informations à partir du 29 juin, deux jours avant de prendre les rênes de l’Union européenne.
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