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Votre Europe, vous la voulez...
Par Stephen Bunard (cliquer sur le nom d'un auteur pour lui écrire)
9/05/2005 • 01h46
Lus et approuvés, des ouvrages pour voir l’Europe autrement.

Géopolitique ?
« L’Union européenne élargie a-t-elle les moyens de la puissance ? », Ellipses, Pierre Verluise, 160 p. - 16 € - L’Europe à 25 a-t-elle été une « bonne affaire » au plan démocratique, démographique, économique, institutionnel et géopolitique ? Analyses affûtées, cartes et chiffres parlants, pour comprendre vraiment où va l’Europe.

Asiatique ?
« Coups de baguettes sur la fourchette », L’Harmattan, par Lin Hua - 196 p. - 17 € - Vous voulez savoir ce que pensent les Chinois des Européens ? Voici d’excellentes tribulations d’un Chinois en Europe, se penchant sur l’histoire, les symboles et les travers des peuples du « Vieux continent ».

Philosophique ?
« Vaclav Havel, président philosophe », par Geneviève Even-Granboulan, éditions de l’Aube - 352 p. - 24 € - Ceux qui l’admirent et verraient en Vaclav Havel, malgré ses positions sur la guerre en Irak, le premier président idéal de l’Europe réunifiée, devraient adorer cette biographie instruite et objective d’un grand humaniste.

Poétique ?
« Europes », par Jacques Réda, Fata Morgana - 114 p. - 17 € - Écrivain et voyageur, Réda se définit comme un « parfait Européen ayant plusieurs folklores intimes ». Il a traduit en prose et en vers des souvenirs de voyages. Un peu de poésie dans une Europe abrupte.

Humoristique ?
« Pourquoi les Français sont les moins fréquentables de la planète ? », par JM Lamarque et Olivier Clodong, Eyrolles - 184 p. - 12 € - Un tour d’Europe au vitriol : Les Français vus par les Européens et réciproquement. Dé-ca-pant !

Excentrique ?
« Les nouveaux Anglais », par Catherine Poirier, Alvik, 176 p. - 15 € - « Anglophile enragée », la journaliste française revisite les stéréotypes, manies et mythes de nos voisins insulaires avec humour et talent : James Bond, pubs, fish & chips, hooligans, sexe, mode, monarchie, tout y passe, dans une approche follement... british.

Politique ?
« L’Europe en procès », par Justine Lacroix, éditions du Cerf, 205 p. - 20 € - Être Européen a-t-il un sens ? Quelle place l’Europe laisse-t-elle aux États et aux nations ? Fédéralisme, souverainisme, concrètement, c’est quoi ? Un livre qui concilie la théorie politique et donne les clés philosophiques de l’esprit européen.

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  • Votre Europe, vous la voulez...
    27 mars 2006

    Le sentiment européen, c’est aussi une histoire de marketing. Et dans ce domaine je trouve qu’on ne va pas assez loin. Vendons l’Europe aux européens, en montrant ses succès, non pas ses doutes et ses échecs. Des pistes ?

    N’ayons pas peur de mettre des drapeaux étoilés à toutes les sauces, que les citoyens puissent s’y indentifier... Généralisons les échanges scolaires et universitaires, que chaque petit européen connaisse son voisin et n’ai pas peur le cas échéant de tenter sa chance ailleurs... Multiplions les références communes dans l’environnement visuel quotidien des européens ! Aujourd’hui les Euros, mais demain pourquoi pas les billets et abonnements de train, la signalisation routière, les labels alimentaires... Donnons davantage la parole aux dizaines de millions de frontaliers et d’expatriés ! Ce sont eux qui connaissent le mieux la réalité de l’Europe... Facilitons les échanges des personnes et des idées entre les pays européens ! A quand de grands médias généralistes paneuropéens et multilingues à l’image d’euronews ? Des transports qui se jouent véritablement des frontières ?

    Comment ces "détails importants" peuvent ils devenir réalité ? certainement pas en venant du haut, c’est à dire de Bruxelles. Cela doit venir d’accords multilatéraux passés entre les pays/régions européens qui le désirent, et qui doivent être promus et coordonnés par l’Union Européenne , mais en aucun cas imposés par elle. Nous avons envie de rêver d’Europe !

    Philippe Dihalleau

    • Votre Europe, vous la voulez...
      4 novembre 2006, par Jorgos

      "Le sentiment européen, c’est aussi une histoire de marketing.", dîtes-vous... Mais nous voyons bien à quoi mène le monde des marchands... J’imagine que la C.C.C.P. (= U.R.S.S. en alphabet cyrillique, orthodoxe, russe) et la Jugoslavija (= Yougoslavie en alphabet latin, catholique, croate) ont mis le paquet pour faire due la merquatique/marchandique... et de plus : avec une langue imposée par le haut, celle, dans les deux cas, d’un de Peuples les constituant (russe et serbe/serbo-croate), frustrant ainsi tous les autres.

      "Et dans ce domaine je trouve qu’on ne va pas assez loin."... pour moi, qui me sens très Européiste, il faut aller plus loin, mais avec plus de pédagogie que de propagande ! Et il faudrait que les différents référendums concernant les adhésions (la notre incluse) soit approuvés, non pas par 50,001 %, mais par 80 %, ce qui imposerait aux "penseurs" de bien penser ! ...et ne serait plus contestable dès le lendemain du vote par l’ex-quasi-minorité subitement devenue quasi-majorité !

      "Vendons l’Europe aux européens, en montrant ses succès, non pas ses doutes et ses échecs." D’après moi il faut montrer mais aussi développer les succès, sans cacher les échecs, bien réels et causes de frustrations millénaires (combien de générations se souviennent et se souviendront de l’esclavage, des tragédies cathares et tant autres ?)

      "Des pistes ?" ...chiche !

      "N’ayons pas peur de mettre des drapeaux étoilés à toutes les sauces, que les citoyens puissent s’y indentifier..." Bien sûr, le drapeau (rares sont ceux qui connaissent son origine : un catholique, entre deux couloirs, sans débat : couleur de leur "vierge"-marie et douze étoiles ...pas pour les systèmes métrique ou décimal, mais pour cause de symboliques bien plus obscures, voire obscurantistes ou "porte-bonheurs" (12 copains de J.-C., R. des J. qui ne l’ont pas reconnu, 12 mois de l’année occidentale actuelle, 12 tribus d’Egypte et quoi de l’épopée finlandaise - le Kalevala -, des Gaulois, des Vikingues ?) ; la couleur du passeport = la somme des couleurs de tous les drapeaux des pays d’alors ...dans le même seau = lie de vin, même Assurancetourix aurait fait mieux ! le nom de l’Europ (Eùro, Evpo, ...suivant les alphabets), notre monnaie, c’est un Espérantiste qui l’a proposé à Romano Prodi, car l’Ecu ne pouvait pas être accepté par tous.

      "Généralisons les échanges scolaires et universitaires, que chaque petit européen connaisse son voisin et n’ai pas peur le cas échéant de tenter sa chance ailleurs..." Je rajouterais : n’ait pas peur de se marier par-dessus les frontières, artificielles, issus de conflits qui n’ont toujours rapporté qu’aux marchands d’armes et parfois à quelques chefs militaires et politiques ou religieux. Mais dans les échanges scolaires, je trouve débile et débilisant le fait qu’un petit Breton en Irlande devra parler l’anglo-étasunien, de même qu’un Roussillonnais en Catalogne, un Alsacien en Forêt Noire ou un Niçois à Turin...

      "Multiplions les références communes dans l’environnement visuel quotidien des européens !" ...bien sûr, mais pas avec le symbole à la con qu’on vient de pondre (et à quel prix !) pour fêter les cinquante ans de la première Union - à six, avec quatre langues, devenant aujourd’hui patois... Attention à cette bombe à retardement (il y a les "collabos" et les résistants !!! (comme en Pologne - non plus aujourd’hui, où il y a la fascination de l’Oncle Sam -, Irak, Afganistan et tant d’autres lieux)

      "Aujourd’hui les Euros, mais demain pourquoi pas les billets et abonnements de train, la signalisation routière, les labels alimentaires..." Bien sûr, les Europs, mais le Royaume-Uni-de-Grande-Bretagne-et-d’Irlande-du-Nord n’en veut pas, comme il n’a pas voulu financer le tunnel, pour lequel ils se sont trompés de direction (il aurait du rejoindre l’île à l’ouest, comme me l’a dit un jour une travailleuse sociale argentine !)

      "Donnons davantage la parole aux dizaines de millions de frontaliers et d’expatriés ! Ce sont eux qui connaissent le mieux la réalité de l’Europe..." Oui, comme les réfugiés espagnols de 1936, que nous avons accueillis en les parquant ( !) puis nous leur avons laissé repousser les Nazis ; mais aujourd’hui, quand les hordes britanniques débarquent pour acheter nos ruines, nous leur achetons des cours d’anglais, histoire de nous soumettre un peu plus. (lire le rapport GRIN, commandé par le "Haut Conseil - français - à l’Evaluation de l’Ecole", déjà dissous...)

      "Facilitons les échanges des personnes et des idées entre les pays européens !" ...j’ai, pour ma part parcouru l’Europe à vélo, sur plus de 30 000 Kms en 1987 et 1988 ap. J.-C., et à mes frais : c’est extrêmement instructif, à condition d’écouter, d’observer, d’avoir l’esprit oxygéné (ce qui arrive rarement au "touriste" normal, malheureusement).

      "A quand de grands médias généralistes paneuropéens et multilingues à l’image d’euronews ?" ...ça, c’est plus dur, car tous se sont rendus compte que les traductions coûtent cher, et on ne peut pas éditer un journal en 25 langues pour dire vingt-cinq fois la même chose ; mais les villes jumelées peuvent sûrement le faire pour les deux, trois, quatre ou cinq langues de leurs homologues et doivent être aidées en cela par l’Europe, ainsi, les élèves des villes concernées pourront apprendre de préférence les langues de leurs correspondants en villes jumelées.

      "Des transports qui se jouent véritablement des frontières ?" ...bien sûr, il n’y a pas que le T.G.V. par Paris pour aller de Bilbao à Perpignan ou à Nice, de Franckfort à Lyon ou à Lille.

      "Comment ces "détails importants" peuvent ils devenir réalité ? certainement pas en venant du haut, c’est à dire de Bruxelles. Cela doit venir d’accords multilatéraux passés entre les pays/régions européens qui le désirent," ...certains vous diront que, pour cela, il n’y a pas besoin d’Europe ! Un directeur de collège m’a dit qu’en 1957, au nom d’un espéré bilinguisme généralisable ("français et anglais pour tout le monde !", ce qui est ridicule, car s’il doit y avoir langue commune : pourquoi deux ? et pourquoi pas une neutre ?!), un ministre français a décidé de réduire l’enseignement de l’italien en sud-est de la France, de l’allemand en nord-est et de l’espagnol en sud-ouest, afin de favoriser l’anglais, se faisant ainsi modèle pour nos voisins qui, par réciprocité, n’avaient plus qu’à ne plus enseigner le français (frontalier !). Cavanna a dédicacé un jour un dessin : "Vous ne voulez pas de l’espéranto, bien fait pour vos gueules, vous aurez l’anglais !". J’espère encore qu’il se trompait et qu’il n’est pas trop tard...

      "et qui doivent être promus et coordonnés par l’Union Européenne, mais en aucun cas imposés par elle. Nous avons envie de rêver d’Europe ! Philippe Dihalleau" ...je le pense aussi, je co-signe donc cette dernière phrase : Js.